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19 Septembre 2026Niveau : Essentiel

Au bloc opératoire, des robots humanoïdes commencent à tenir le rôle d’infirmiers

📑 Sommaire
💡 En 3 points clés
  • Deux robots, un chirurgien : une chorégraphie inédite Imaginez un bloc opératoire où, à côté du chirurgien, deux humanoïdes se tiennent prêts.
  • L’un joue le rôle d’un infirmier : il tend les instruments au bon moment, les récupère après usage, et les range.
  • L’autre maintient l’endoscope, cette caméra qui permet de voir l’intérieur du corps, en ajustant son angle pour garder le champ de vision stable.

Deux robots, un chirurgien : une chorégraphie inédite

Imaginez un bloc opératoire où, à côté du chirurgien, deux humanoïdes se tiennent prêts. L’un joue le rôle d’un infirmier : il tend les instruments au bon moment, les récupère après usage, et les range. L’autre maintient l’endoscope, cette caméra qui permet de voir l’intérieur du corps, en ajustant son angle pour garder le champ de vision stable. Pendant une démonstration organisée le 16 septembre à Séoul, ces robots ont assisté un chirurgien lors d’une opération simulée de la vésicule biliaire sur un foie de chèvre.

Le projet, piloté par le Samsung Medical Center, s’inscrit dans le programme public coréen ARPA-H et vise à automatiser certaines tâches normalement confiées à une équipe humaine. Les robots ont réussi à passer correctement cinq instruments dans 100 % des cas, et les ont remis avec un taux de réussite de 98,7 %. Leur mouvement commence moins de deux secondes après une commande vocale, et l’équipe travaille à réduire ce délai sous une seconde.

Une collaboration homme-machine, pas une substitution totale

Contrairement aux robots chirurgicaux classiques comme le da Vinci, qui sont pilotés à distance par le chirurgien pour effectuer des gestes précis, ces humanoïdes ne remplacent pas le médecin. Ils prennent en charge des tâches répétitives et chronophages : gérer les instruments, maintenir l’endoscope, ou encore rétracter des tissus. Le chirurgien reste aux commandes, mais peut se concentrer sur les gestes techniques les plus complexes.

Dans la démonstration, les robots ont fonctionné en tandem. L’un suivait les instruments avec l’endoscope, tandis que l’autre gérait leur remise et leur récupération. Le système utilise un suivi visuel pour stabiliser le champ opératoire : la caméra se déplace automatiquement dès qu’un instrument quitte une zone prédéfinie, ou vise le point médian entre deux outils pour éviter les mouvements parasites.

Un projet encore expérimental, mais avec un calendrier précis

Le consortium ORchestra, qui regroupe Samsung Medical Center, Rainbow Robotics, AIDIN Robotics, l’Université nationale de Séoul et le National Cancer Center, a reçu un financement public de 13,84 milliards de wons (environ 10 millions de dollars) sur cinq ans. Le projet, lancé en juillet 2025, est actuellement en phase de preuve de concept. Une évaluation prévue fin 2026 décidera de son passage à la phase suivante.

Avant un essai clinique envisagé en 2029, les partenaires prévoient des études précliniques sur de grands animaux, une certification de fabrication et les autorisations sanitaires coréennes. L’objectif est de développer un dispositif médical de classe III, conforme aux normes de qualité et de sécurité.

Pourquoi cette innovation pourrait changer la donne

En Corée du Sud, comme dans de nombreux pays, les blocs opératoires manquent de personnel qualifié. Les robots humanoïdes pourraient soulager les équipes médicales en prenant en charge des tâches logistiques, tout en améliorant la précision des gestes grâce à une assistance automatisée. À plus long terme, ces systèmes pourraient aussi servir de plateforme pour collecter des données chirurgicales, transformant les blocs opératoires en « usines à données » utiles pour la formation ou la recherche.

Pour l’instant, il s’agit encore d’une démonstration technique. Mais elle ouvre la voie à une automatisation partielle des blocs opératoires, où humains et robots collaborent pour des interventions plus sûres et plus efficaces.