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3 Septembre 2026Niveau : Essentiel

Corée du Sud : NC AI et LG Electronics unissent leurs forces pour des humanoïdes autonomes pilotés par des puces locales

📑 Sommaire
💡 En 3 points clés
  • Les limites articulaires du robot (un coude humain ne plie pas comme celui d’un humanoïde),
  • Les proportions corporelles (un bras de robot n’a pas la même longueur qu’un bras humain),
  • Les conditions de stabilité (équilibre dynamique, appui des pieds),

Comment un humanoïde apprend à bouger comme un humain

Imaginez un robot humanoïde qui, sans connexion internet ni serveur distant, comprend son environnement, anticipe les changements et exécute des tâches complexes comme ranger un objet ou servir un verre. Pour y parvenir, il ne suffit pas d’empiler des capteurs et des moteurs : il faut une chaîne technique unifiée, où chaque maillon — de la puce IA locale au modèle de contrôle — est optimisé pour fonctionner en temps réel, sans latence.

C’est précisément l’objectif du projet sud-coréen K-On-Device AI Semiconductor Technology Development, piloté par le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie et le KEIT. Dans ce cadre, NC AI et LG Electronics ont été sélectionnés pour développer un humanoïde autonome équipé d’une puce IA embarquée, conçue localement.

La clé : transformer des mouvements humains en données robotiques

Le défi principal n’est pas seulement de faire marcher un robot, mais de lui faire reproduire des gestes humains précis, adaptés à sa morphologie. Pour cela, NC AI met au point une *pipeline de Human-to-Robot Retargeting*** : un processus qui convertit les mouvements captés sur un humain en instructions exploitables par un robot.

Concrètement, cette technologie prend en compte :

  • Les limites articulaires du robot (un coude humain ne plie pas comme celui d’un humanoïde),
  • Les proportions corporelles (un bras de robot n’a pas la même longueur qu’un bras humain),
  • Les conditions de stabilité (équilibre dynamique, appui des pieds),
  • Les interactions avec l’environnement (un objet tenu doit être relâché sans basculement).
  • L’entreprise utilise pour cela des données de mouvement accumulées sur des années, ainsi qu’un pipeline d’animation 3D sophistiqué. Résultat : les mouvements humains sont reconstruits en temps réel pour correspondre aux contraintes physiques du robot, tout en restant naturels et fonctionnels.

    Un monde virtuel pour entraîner les robots sans limites physiques

    Pour générer des milliers d’heures de données d’apprentissage sans dépendre de laboratoires ou de cobayes humains, NC AI construit un *environnement de type digital twin***. Dans cette simulation, des scénarios variés (manipulation d’objets, déplacement en espace encombré) sont joués par des avatars numériques. Ces données synthétiques sont ensuite utilisées pour entraîner les modèles de contrôle du robot.

    Cette approche permet de :

  • Réduire les coûts (pas besoin de prototypes physiques pour chaque variation de mouvement),
  • Accélérer l’itération (les scénarios peuvent être rejoués et modifiés en quelques clics),
  • Garantir la sécurité (pas de risque de blessure lors de l’apprentissage).
  • L’intégration matérielle : quand la puce IA rencontre le corps du robot

    LG Electronics, partenaire du projet, apporte son expertise en intégration matérielle : comment assembler une puce IA locale, un système de contrôle embarqué et un châssis humanoïde pour que tout fonctionne en harmonie ?

    L’enjeu est double :

    1. Optimiser la consommation énergétique : une puce IA embarquée doit être suffisamment puissante pour exécuter des modèles complexes, mais assez sobre pour tenir plusieurs heures sur batterie.

    2. Assurer la réactivité : les décisions ("Dois-je lâcher cet objet ?", "Comment éviter cet obstacle ?") doivent être prises en moins de 100 ms pour éviter les chutes ou les collisions.

    Le consortium vise à développer une architecture unifiée, où le matériel (puce), les données (mouvements) et les modèles (IA) sont conçus pour interagir sans friction. L’objectif final est de produire un humanoïde capable de fonctionner de manière autonome dans des environnements non structurés (maisons, entrepôts, zones sinistrées), sans dépendre d’un cloud externe.

    Applications : du foyer à l’industrie lourde

    Les technologies développées dans ce projet ne se limiteront pas aux humanoïdes. Elles pourront être adaptées à :

  • Des robots collaboratifs (cobots) en usine,
  • Des systèmes de logistique autonome,
  • Des robots d’intervention en milieu dangereux (incendies, zones radioactives),
  • Des assistants domestiques (ménage, service en salle).
  • Un pas vers la souveraineté technologique

    Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de la Corée du Sud pour réduire sa dépendance aux technologies étrangères en matière d’IA et de robotique. En 2026, le budget alloué à la R&D sur les puces IA embarquées et la physical AI a été porté à 402 milliards de wons (environ 300 millions d’euros), avec une priorité donnée aux secteurs automobile, IoT, robotique et défense.

    Pour NC AI, l’enjeu est clair : prouver que des mouvements humains complexes peuvent être fidèlement reproduits par un robot, sans sacrifier la fluidité ou la sécurité. Comme le souligne Lee Yeon-soo, PDG de l’entreprise : « Ce projet montre que nos années d’expertise en contrôle des mouvements et en construction de données peuvent enfin se matérialiser dans un humanoïde autonome. »

    Note de Hype-mètre : 3,5/5 (Technologie prometteuse, mais encore en phase de validation sur des cas d’usage limités).