Le Galbot G1, ce robot humanoïde qui sert déjà des médicaments en pharmacie


Imaginez un pharmacien qui ne prend jamais de pause, ne commet jamais d’erreur de dosage, et peut travailler de nuit sans allumer la lumière. Ce n’est pas de la science-fiction : c’est le Galbot G1, un robot humanoïde à roues qui officie déjà dans des pharmacies chinoises. À l’IFA 2026 à Berlin, Galbot — une entreprise chinoise fondée il y a seulement trois ans — expose son G1 en action : il repère un médicament sur une étagère, le saisit avec ses deux bras ultra-précis, et le remet à un visiteur… sans qu’aucun humain ne soit dans la boucle.
Le G1 n’est pas un prototype enfermé dans un labo. Il est déjà opérationnel : plus de 170 unités tournent dans des magasins autonomes en Chine, et des dizaines d’autres dans des hôpitaux et des entrepôts. Son point fort ? Il combine une autonomie de 10 heures (de quoi tenir une journée de travail complète) avec une précision chirurgicale : selon les tests, il réussit 99,5 % des saisies, même avec des emballages fragiles ou irréguliers.
Oubliez les robots bipèdes qui trébuchent sur les trottoirs. Le G1 est un semi-humanoïde sur roues : il a un torse et deux bras humains, mais son socle à 360° lui permet de se déplacer comme un char d’assaut, sans jamais perdre l’équilibre. Avec ses 1,73 mètre de haut et ses bras qui s’étendent à 2,40 mètres, il évolue dans des espaces conçus pour les humains… mais sans les contraintes des jambes.
Ses mains ? 12 degrés de liberté chacune, soit presque autant qu’une main humaine. Chaque bras peut soulever jusqu’à 5 kg, et le robot gère des tâches fines comme verser un verre, plier un vêtement ou ramasser des éclats de verre. Son cerveau ? Un module NVIDIA Jetson AGX Orin (ou un Jetson Thor en version premium), capable de traiter en temps réel les données de ses 12 caméras, de ses capteurs de force et de ses lidars.
Le G1 n’est pas qu’un objet de démonstration. Il est déjà au travail :
Galbot ne vend pas ses robots aux particuliers. Le G1 est réservé aux entreprises, avec des tarifs qui varient selon la configuration. Les modèles les plus simples tournent autour de 630 000 yuans (soit environ 94 000 dollars), un prix comparable à une Tesla Model 3… mais pour un robot capable de travailler 10 heures sans s’arrêter.
Le G1 est connecté en permanence à Internet pour recevoir des mises à jour logicielles et envoyer des rapports d’activité. Problème ? Aucun audit indépendant n’a vérifié ce qu’il transmet, à qui, et comment. Aux États-Unis, la FCC a même classé les robots comme une menace pour la sécurité nationale, interdisant leur importation. En Europe, rien de tel… pour l’instant. Mais la question reste entière : dans un monde où les données valent de l’or, qui contrôle celles du G1 ?
Le Galbot G1 n’est pas le robot humanoïde de vos rêves d’enfance. Il n’a pas de jambes, il ne danse pas la salsa, et il ne vous fera pas de blagues. Mais il fait le boulot, et il le fait bien. Avec des déploiements concrets en Chine et une autonomie impressionnante, il prouve que les robots humanoïdes ne sont plus des gadgets de labo : ce sont des outils industriels.
Reste une ombre au tableau : la sécurité des données. Tant que personne ne sait exactement ce que le G1 envoie à son fabricant, son adoption massive en Europe ou aux États-Unis pourrait se heurter à des résistances. Pour l’instant, il roule (littéralement) dans les couloirs des pharmacies chinoises… et c’est déjà un pas de géant.
Photo : Le Galbot G1 en action à l’IFA 2026, lors d’une démonstration de saisie de produits en magasin. [techtimes.com](https://www.techtimes.com/articles/326666/20260904/galbot-g1-ifa-2026-robot-working-real-pharmacy-shifts-brings-china-spy-law-europe.htm)