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8 Septembre 2026Niveau : Essentiel

NEURA et SECO unissent leurs forces pour industrialiser l’IA physique en Europe

📑 Sommaire
💡 En 3 points clés
  • L’architecture robotique de NEURA, qui repose sur une distribution intelligente du calcul et de la détection dans le corps du robot (concept Brain + Nervous System),
  • L’expertise en électronique embarquée de SECO, chargée de concevoir et industrialiser les modules de calcul,
  • Les processeurs Qualcomm Dragonwing, qui fournissent la puissance de calcul edge nécessaire pour des décisions en temps réel.

Une alliance pour structurer la filière européenne de l’IA physique

Le 7 septembre 2026, NEURA Robotics et SECO ont officialisé un partenariat visant à concevoir et fabriquer en Europe les modules de calcul embarqués pour les robots cognitifs de NEURA, dont l’humanoïde 4NE1. Ce projet s’inscrit dans une logique d’industrialisation de l’IA physique (Physical AI), une approche où l’intelligence artificielle ne se limite pas au cloud ou aux serveurs, mais s’intègre directement dans le corps des machines pour interagir avec le monde physique.

L’accord repose sur trois piliers technologiques :

  • L’architecture robotique de NEURA, qui repose sur une distribution intelligente du calcul et de la détection dans le corps du robot (concept Brain + Nervous System),
  • L’expertise en électronique embarquée de SECO, chargée de concevoir et industrialiser les modules de calcul,
  • Les processeurs Qualcomm Dragonwing, qui fournissent la puissance de calcul edge nécessaire pour des décisions en temps réel.
  • Comment fonctionne l’architecture Brain + Nervous System ?

    NEURA Robotics décrit son approche comme une répartition hiérarchisée de l’intelligence dans le robot. Le Brain (cerveau) central gère les tâches globales, tandis que le Nervous System (système nerveux) étend la capacité de traitement jusqu’aux articulations, aux capteurs et aux points de contact physique. Ce modèle s’appuie sur le concept Smart Limbs (membres intelligents), où chaque articulation ou segment du robot intègre des unités de calcul locales.

    Cette architecture permet :

  • Une latence réduite : les décisions critiques (comme ajuster la force de préhension ou éviter un obstacle) sont prises au plus près du point d’interaction, sans dépendre d’un calcul centralisé.
  • Une robustesse accrue : si une partie du système tombe en panne, le reste continue de fonctionner.
  • Une interaction sécurisée avec les humains : la réactivité en temps réel limite les risques de collision ou de mouvement dangereux.
  • Les processeurs Qualcomm Dragonwing, optimisés pour l’edge computing, jouent un rôle clé dans cette architecture. Ils fournissent la puissance nécessaire pour exécuter des modèles d’IA légers directement sur le robot, tout en maintenant une consommation énergétique maîtrisée.

    SECO : le chaînon manquant pour passer à l’échelle industrielle

    SECO, spécialiste italien de l’électronique embarquée, apporte son savoir-faire en ingénierie des modules de calcul et en fabrication industrielle. Son rôle dans ce partenariat est double :

    1. Concevoir les modules : adapter les processeurs Qualcomm Dragonwing aux besoins spécifiques des robots NEURA, en intégrant les contraintes mécaniques, thermiques et électriques des humanoïdes.

    2. Industrialiser la production : optimiser les coûts et les délais pour une fabrication à grande échelle, tout en garantissant la qualité et la traçabilité des composants.

    L’objectif affiché est de renforcer la résilience de la filière européenne pour l’IA physique, en réduisant la dépendance aux composants asiatiques ou américains. Les modules produits par SECO seront développés et fabriqués en Europe, avec une chaîne d’approvisionnement locale pour les semi-conducteurs et les matériaux critiques.

    Un terrain d’expérimentation : les usines de semi-conducteurs

    Le partenariat ne se limite pas à la production de modules. NEURA et SECO prévoient de collaborer sur des cas d’usage industriels concrets, notamment dans la fabrication de semi-conducteurs et d’électronique. L’idée est d’utiliser les données réelles collectées dans les usines pour entraîner et affiner les modèles d’IA physique des robots.

    Parmi les projets en cours :

  • La création d’un NEURA Gym en Italie, premier centre de formation de la société en Europe du Sud, où les robots pourront s’entraîner sur des tâches spécifiques avant d’être déployés.
  • La collecte de données en conditions réelles dans des environnements industriels, pour développer des solutions d’automatisation basées sur l’IA physique.
  • Ces données serviront ensuite à améliorer les algorithmes de NEURA, qui pourront être réutilisés dans d’autres secteurs (logistique, santé, etc.).

    Pourquoi l’Europe a besoin de cette alliance ?

    L’IA physique est un domaine où l’Europe part avec des atouts :

  • Une robotique industrielle mature (KUKA, ABB, etc.),
  • Une expertise en électronique embarquée (STMicroelectronics, Infineon, etc.),
  • Des usines de pointe dans des secteurs clés comme les semi-conducteurs.
  • Cependant, le continent manque encore d’une filière intégrée capable de rivaliser avec les géants américains (NVIDIA, Tesla) ou chinois (DJI, UBTECH). Ce partenariat entre NEURA, SECO et Qualcomm Technologies est une première étape pour combler ce retard, en combinant innovation technologique et industrialisation locale.

    En pratique : que change ce partenariat pour les robots 4NE1 ?

    Les modules de calcul conçus par SECO et intégrant les processeurs Qualcomm Dragonwing permettront aux humanoïdes 4NE1 de :

  • Traiter les informations sensorielles en temps réel (vision, toucher, équilibre),
  • Adapter leurs mouvements avec une précision accrue, même dans des environnements dynamiques,
  • Collaborer en toute sécurité avec des opérateurs humains, sans nécessiter une infrastructure cloud lourde.
  • Avec une hauteur de 180 cm, un poids de 80 kg et une vitesse maximale de 5 km/h, le 4NE1 est conçu pour des applications industrielles variées, allant de la manipulation de charges lourdes (jusqu’à 100 kg) à des tâches de précision dans des environnements sensibles.

    Hype-mètre : 3,5/5

    L’annonce marque une étape importante pour l’industrialisation de l’IA physique en Europe, mais plusieurs défis restent à relever :

  • La scalabilité : produire des milliers de modules par an sans sacrifier la qualité,
  • L’interopérabilité : garantir que les modules fonctionnent avec d’autres architectures robotiques,
  • La compétitivité : rivaliser avec les solutions asiatiques ou américaines en termes de coût et de performance.
  • Les premiers déploiements pilotes sont prévus dans des usines européennes de semi-conducteurs d’ici 2027, ce qui permettra de valider l’approche sur le terrain.